Partir 2018 du bon pied sur les médias sociaux!

Les entreprises allouent un budget grandissant dans les médias sociaux, que ce soit pour commanditer leurs publications ou pour créer leurs propres contenus écrits, vidéo, audio, infographiques ou autres. Tout indique que la cadence s’accélèrera en 2018.

Mais est-ce que les organisations verront les bénéfices suivre la courbe de leurs investissements? Certaines oui, d’autres non. Pourquoi? Parce que malheureusement, encore aujourd’hui, trop peu d’entreprises appliquent les bases d’une stratégie de médias sociaux efficace, dont voici trois fondements :

1. Voir plus grand. Loin d’être une fin en soi, les médias sociaux servent une fonction dans la stratégie de communication globale. Chaque plateforme (Facebook, Twitter, LinkedIn, Instagram, Snapchat, YouTube, etc.,) a une raison d’être spécifique. Toutes les activités qui s’y déroulent doivent servir ce but.

Pourquoi investissez-vous autant sur cette plateforme? Que souhaitez-vous obtenir? Quelle est la mission spécifique de telle page ou de tel compte? Voilà les questions à se demander (et à se reposer, au besoin) avant d’aller plus loin.

Ces objectifs sont trop souvent escamotés au profit de cibles tactiques telles que le nombre de « j’aime » ou les taux d’engagement. Une approche stratégique implique des objectifs liés aux affaires tels un taux de conversion, une augmentation de notoriété ou encore un changement d’opinion. L’évaluation de l’efficacité d’une campagne sur les médias sociaux se fait donc bien souvent à l’extérieur de ces plateformes.

2. Viser juste. Quels publics voulez-vous joindre exactement sur chaque plateforme? Est-ce que ce sont des influenceurs? Ou strictement des consommateurs? Ou encore une base d’adeptes élargie? L’approche et les mesures d’évaluation seront différentes.

Il faut définir des cibles avec des critères très précis. Ceux-ci devraient provenir de recherches ou d’entretiens réalisés auprès de votre public cible. En ce début d’année, assurez-vous d’avoir une idée précise des portraits des personnes (personas) visées par chacune de vos plateformes.

3. Soyez humains. Comment allez-vous communiquer sur les médias sociaux? Allez-vous laisser ce privilège à l’ « entreprise » ou aux gens qui font cette entreprise, soit les employés, les dirigeants, les clients, les membres? Si vous êtes un consommateur d’information sur les médias sociaux, quelle est votre préférence? Poser la question, c’est y répondre. En 2018, les entreprises qui voudront avoir un véritable impact sur les médias sociaux devront mettre de l’avant leurs meilleures ressource et miser sur l’authenticité.

En résumé, alors que l’année commence, et que la course folle de la création et de la production de contenu reprend de plus belle, arrêtez-vous. Posez-vous les bonnes questions pour rendre encore plus stratégiques et pertinentes vos activités sur les médias sociaux.

Prédiction #6- La résistance s’organise

Un groupe de résistants a fait son apparition marquée cette année : les médias dits traditionnels.

Cet automne, la conférence sur l’avenir des médias présentée par la Fondation pour le journalisme canadien a notamment rassemblé sur une même scène Michel Bissonnette (Radio-Canada), Guy Crevier (La Presse), Brian Myles (Le Devoir), Alexandre Taillefer (L’actualité), et Colette Brin (Centre d’études sur les médias).

Ensemble, ils ont évoqué l’importance de créer une alliance stratégique entre les grands groupes médiatiques canadiens, hier encore concurrents, pour contrer leur dépendance de plus en plus marquée envers les plateformes publicitaires étrangères. Guy Crevier a en effet révélé que 50 % du trafic sur les plateformes numériques de La Presse était généré à parts égales par Google et Facebook – avec les pertes de revenus publicitaires substantielles que cela entraîne inévitablement !

Alexandre Taillefer soutient pour sa part que les médias d’ici ont trouvé dans les plateformes publicitaires étrangères « un ennemi commun ».  Mais reste à formuler la riposte et comme dans toute chose, il n’existe pas de solutions miracles. On évoque des idées intéressantes, comme par exemple de créer des plateformes similaires à Facebook mais dans un contexte beaucoup plus près de nos réalités et préoccupations nationales. Ou encore un scénario où Radio-Canada délaisserait les revenus publicitaires, au profit des autres médias privés. Le diffuseur public national s’assurerait parallèlement de maintenir une structure de journalisme d’affaires publiques avec une forte capacité de couverture régionale, et dont les contenus pourraient être offerts à des partenaires média – sous une forme qui reste à définir, bien entendu.

Bref, pour nos médias traditionnels, l’inaction n’est plus une option et il faudra innover. C’est bien de survie dont il est question ici et cela nous ramène à l’essence même de la démocratie que d’avoir des médias en santé et un journalisme de qualité dont l’autonomie est préservée. Il est de notre responsabilité collective de contribuer à leur pérennité. Par ailleurs, aucune marque ne peut se priver de la crédibilité que peut apporter une couverture médiatique favorable !

En 2018, nous prédisons donc une plus grande conscientisation des achats publicitaires… et nous ne sommes peut-être pas si loin de voir apparaître le terme « achats publicitaires éthiques » !

Prédiction # 5 – IA rencontre RP

Le terme IA devrait se voir décerner le « mème » de l’année. Pas une journée sans qu’il ne fasse la une de nos médias. Il est vrai qu’avec des investissements record et les Google, Facebook et Microsoft comme joueurs, Montréal et Toronto sont en train de se tailler toute une réputation dans ce domaine, toutes les deux à leur manière.

Des développements récents de l’IA ont contribué à une hyperpersonnalisation des communications entre les marques et leurs auditoires. Tout cela se déroule à travers des technologies, entre autres l’apprentissage automatique, qui permettent d’assembler et présenter des messages appropriés selon une multitude de données analysées en temps réel. En combinant ces technologies qui accélèrent les processus analytiques à de fines stratégies de la part des spécialistes de la communication qui les opèrent, on obtient une formule gagnante. Les marques ont ainsi l’opportunité de répondre plus rapidement et avec beaucoup plus d’acuité aux besoins spécifiques et très variés de leurs clientèles et de leurs communautés.

En 2018, nous prédisons que les spécialistes de la communication marketing feront de plus en plus appel à l’AI afin de créer des relations personnalisées et durables pour leurs clients.

Prédiction #4 – L’analyse prédictive pratique

Alors que nous sommes à peine remis de l’analyse en temps réel, voilà que l’intelligence artificielle (IA) introduit de nouvelles capacités de prédire les comportements futurs. Plus précis que les outils utilisés pour la prévision météo, des algorithmes permettent déjà de bâtir des calendriers prédictifs et de déterminer les meilleurs moments de l’année, de la semaine ou de la journée pour envoyer des messages. Toujours à partir des données existantes, d’autres sont en mesure de prédire l’influence qu’aura une personnalité sur les personnes qui la suivent ou encore d’évaluer l’impact et la durée d’une nouvelle d’entreprise.

Imaginez les possibilités non seulement en communication marketing mais également en gestion de crise!

En 2018, nous prédisons que l’offre d’outils et de programmes d’analyse prédictive sera bonifiée et deviendra accessible aux entreprises et aux firmes de relations publiques.

En même temps, en 2018, nous prédisons que la fine expérience et le jugement des consultants en communication demeureront nécessaires pour bien évaluer à l’avance la portée des gestes de communication.

Prédiction #3 – L’invasion des chatbots

Les chatbots ou « agents conversationnels » sont devenus la partie la plus visible, voire intelligible de la présence de l’intelligence artificielle (IA) en 2017.

On retrouve de plus en plus ces programmes intégrés aux applications de messagerie, telles que Messenger. Ils peuvent simuler une conversation avec un ou plusieurs humains par échange vocal ou textuel. Le mot « simuler » est de mise car malgré la promesse, il y a encore fort à faire pour que tout cela n’atteigne le degré de sophistication attendu. Le remplacement du service à la clientèle des entreprises par ces « robots » n’arrivera pas demain.

Cela dit, les chatbots peuvent d’ores et déjà régler des tâches répétitives pour les entreprises (ex : recherches d’horaires, réponses à des questions fréquentes, etc.).

En 2018, nous prédisons que, dans un contexte où le nombre d’utilisateurs actifs des applications de messagerie surpasse désormais celui des réseaux sociaux, l’invasion de chatbots sera à nos portes.

Prédiction #2- De « You » à « Nous »

Avec le déclin de la portée organique, les compagnies ne peuvent plus se contenter de diffuser du contenu sur des plateformes comme Facebook en espérant que l’univers le capte ! Elles doivent en faire la promotion par le biais de publications payantes pour bien rejoindre leurs publics cibles.

Et soyez francs, vous précipitez-vous à votre réveil pour consulter les derniers contenus publiés par vos marques chouchous sur les réseaux sociaux ? Probablement pas.

Par définition, les médias sociaux tissent des liens entre des personnes. Les meilleurs ambassadeurs des entreprises s’avèrent bien souvent les gens qui en font partie. Les marques doivent saisir cette occasion et encourager les employés à devenir leurs visages sur le web et à partager fièrement leurs contenus.

Pour créer du contenu qui suscite un bon taux d’engagement, il faut également être prêt à écouter, observer, puis s’ajuster. Inonder les internautes avec des articles de blogues, des vidéos ou des photos ne suffit pas à créer une communauté active. En s’assurant d’une analyse efficace de la performance de ses publications, on peut ensuite s’adapter à ce qui fonctionne le mieux auprès de notre audience et donc, à ce qui intéresse le plus notre clientèle.

Il s’agit pour nous, spécialistes de la communication et des relations publiques, d’un superbe terrain de jeu. C’est très stimulant d’identifier et de décrire les personas des clients/consommateurs ainsi que de cartographier leurs parcours décisionnels.

En 2018, nous prédisons que les entreprises et les marques développeront encore plus leurs propres contenus, mais multiplieront les canaux de diffusion et feront encore plus appel à leurs employés ou ambassadeurs pour ce faire. Elles devront accepter d’opérer en mode exploratoire et d’être à l’écoute de leurs clients et consommateurs pour leur offrir des contenus à valeur ajoutée et ainsi, bâtir des relations durables.