Les vraies couleurs de Casie Stewart: entrevue avec une influenceuse

Casie Stewart est certainement l’une des personnes les plus authentiques que je connais! Créatrice de contenu primée, blogueuse art de vivre et experte des médias numériques, elle aide les marques à raconter leur histoire de façon inspirante. Entrepreneure créative, elle s’investit à titre d’influenceur, porte-parole, conférencière, directrice et consultante pour certaines des plus grandes marques dans le monde.

J’ai eu la chance de m’entretenir avec Casie sur le sujet de la constante évolution du paysage numérique. Comment est-ce de collaborer avec des marques? Comment rester authentique dans l’univers retouché des médias sociaux? Comment intégrer les médias sociaux dans la stratégie d’entreprise?

 

Elle nous livre ses conseils et ses pensées avec le naturel qui la caractérise.

1. Comment l’aventure a-t-elle débuté?

Au départ en 2005, mon blogue était un journal intime sur ma vie, mes aventures, mes expériences, mes pensées et mes idées. Quand j’étais à l’université en Australie, j’avais un journal MSN Spaces qui me permettait de partager mes histoires avec ma famille et mes amis. J’ai ensuite migré vers MySpace, puis Blogger, WordPress et maintenant j’ai un site Internet WordPress que j’héberge entièrement mon contenu. J’ai lancé ma chaîne YouTube en 2006, joint Facebook dès sa création Twitter en 2008 et. Et j’ai un compte Instagram depuis des années!

2. Comment préserves-tu ton identité avec tous les changements dans l’univers des médias numériques?

Vous devez rester fidèle à qui vous êtes vraiment. Parfois, les blogueurs et influenceurs dépeignent une vie qu’ils ne vivent pas réellement. C’est difficile de remplir ces exigences que vous vous fixez vous-mêmes, et vous n’y arriverez pas si vous n’êtes pas naturel. J’ai entendu parler de jeunes qui veulent démarrer un blogue ou « devenir influenceur », mais on ne décide pas simplement « d’être influenceur »; l’influence résulte de FAIRE des choses qui permettent de gagner la reconnaissance, ou d’influencer les idées et les pensées des gens. Vous ne pouvez pas acheter votre place au soleil comme influenceur, car établir sa marque personnelle ou devenir leader d’opinion prend du temps.

Pour moi, l’authenticité est plus importante qu’un compte Instagram parfaitement organisé. Je pense que la meilleure façon d’être authentique c’est d’être soi-même et raconter des histoires, être un vrai humain. L’une de mes façons préférées de raconter des histoires est de partir à l’aventure et explorer de nouvelles choses. Je ne travaille qu’avec des marques que j’aime, que j’ai testées ou expérimentées de première main. Comment pouvez-vous partager votre opinion honnêtement sur quelque chose que vous n’avez pas essayé?!

3. Comment une marque peut-elle intégrer les médias sociaux dans sa stratégie commerciale?

Créer du contenu pertinent et cohérent vous fera faire un bon bout de chemin. Les médias sociaux peuvent être décourageants si vous n’avez pas de plan. Ça ne veut pas dire de tout planifier pour les six prochains mois, parce que les choses changent, mais ça aide d’être proactif plutôt que réactif. Les marques ont besoin d’avoir un esprit ouvert et de faire confiance aux gens qui savent quel contenu fonctionne pour leur public.

4. Que dirais-tu à ceux qui investissent sur une plateforme en particulier?

J’ai vu beaucoup d’applications aller et venir et je dis aux gens de ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier. Par exemple, Snapchat était très populaire jusqu’à ce que Instagram ajoute ses « stories » et des tas de gens ont cessé de l’utiliser. Je recommande d’avoir un site Internet pour faire vivre votre contenu dans un espace qui vous appartient, pour ne pas avoir à compter sur une plateforme qui n’est pas la vôtre. Il va toujours y avoir quelque chose de nouveau; innovez ou vous mourrez!

5. Quelles sont les erreurs courantes commises par les entreprises dans leur marketing d’influence?

Vous ne pouvez pas vous attendre à ce que les blogueurs ou les influenceurs écrivent sur votre produit ou votre entreprise en leur envoyant seulement un dossier de presse. La vie consiste à établir des relations, approcher un influenceur ou un blogueur et lui poser des questions sur la façon dont vous pouvez travailler ensemble. Apprenez à les connaître, lisez leurs blogues, regardez sur les réseaux sociaux et les médias, pour voir ce qu’ils font. Assurez-vous de faire vos recherches et que la personne est le bon ambassadeur pour votre marque.

6. Quelles personnalités de médias sociaux admires-tu?

Tiffany Pratt est une designer, styliste, auteure et personnalité de la télévision canadienne. Elle a construit sa vie autour de quelque chose qu’elle aime faire et j’admire cela. Casey Neistat est le meilleur YouTubeur, cinéaste, et co-fondateur de la société multimédia Beme, récemment acquise par CNN. J’aime ses vidéos et l’ambiance qu’il réussit à créer. Il vit sa vie au maximum et la partage au reste du monde. Andrew Gunadie – aka « gunnarolla » – est un producteur de musique et de vidéo ainsi que YouTubeur basé à Toronto. Son contenu est tellement amusant et créatif. Il fait beaucoup de partenariats avec des marques, mais tout est uniquement de lui. Ce que j’aime chez chacune de ces personnes, c’est qu’elles ont fait carrière avec quelque chose qu’elles adorent faire.

7. Quel est ton média social préféré?

J’aime Twitter, depuis toujours. Je l’utilise depuis 2008 et la plateforme a beaucoup changée, mais c’est là que j’ai le plus à partager et que j’ai beaucoup d’engagement. J’aime aussi les histoires Instagram parce que c’est instantané. J’aime partager les choses au fur et à mesure et je pense que les histoires Twitter et Instagram sont parfaites pour ça.

8. Sur quel réseau social passes-tu le plus de temps?

Difficile à dire, mais d’après les statistiques de mon téléphone, c’est partagé entre Instagram et Facebook. Cela dit, je vérifie toutes mes plateformes sociales assez fréquemment.

9. Quelle plateforme est essentielle à ta vie?

LOL. Je pourrais vivre sans toutes ces plateformes!

10. Quel est ton emoji préféré?

L’emoji en forme de cœur!

Partir 2018 du bon pied sur les médias sociaux!

Les entreprises allouent un budget grandissant dans les médias sociaux, que ce soit pour commanditer leurs publications ou pour créer leurs propres contenus écrits, vidéo, audio, infographiques ou autres. Tout indique que la cadence s’accélèrera en 2018.

Mais est-ce que les organisations verront les bénéfices suivre la courbe de leurs investissements? Certaines oui, d’autres non. Pourquoi? Parce que malheureusement, encore aujourd’hui, trop peu d’entreprises appliquent les bases d’une stratégie de médias sociaux efficace, dont voici trois fondements :

1. Voir plus grand. Loin d’être une fin en soi, les médias sociaux servent une fonction dans la stratégie de communication globale. Chaque plateforme (Facebook, Twitter, LinkedIn, Instagram, Snapchat, YouTube, etc.,) a une raison d’être spécifique. Toutes les activités qui s’y déroulent doivent servir ce but.

Pourquoi investissez-vous autant sur cette plateforme? Que souhaitez-vous obtenir? Quelle est la mission spécifique de telle page ou de tel compte? Voilà les questions à se demander (et à se reposer, au besoin) avant d’aller plus loin.

Ces objectifs sont trop souvent escamotés au profit de cibles tactiques telles que le nombre de « j’aime » ou les taux d’engagement. Une approche stratégique implique des objectifs liés aux affaires tels un taux de conversion, une augmentation de notoriété ou encore un changement d’opinion. L’évaluation de l’efficacité d’une campagne sur les médias sociaux se fait donc bien souvent à l’extérieur de ces plateformes.

2. Viser juste. Quels publics voulez-vous joindre exactement sur chaque plateforme? Est-ce que ce sont des influenceurs? Ou strictement des consommateurs? Ou encore une base d’adeptes élargie? L’approche et les mesures d’évaluation seront différentes.

Il faut définir des cibles avec des critères très précis. Ceux-ci devraient provenir de recherches ou d’entretiens réalisés auprès de votre public cible. En ce début d’année, assurez-vous d’avoir une idée précise des portraits des personnes (personas) visées par chacune de vos plateformes.

3. Soyez humains. Comment allez-vous communiquer sur les médias sociaux? Allez-vous laisser ce privilège à l’ « entreprise » ou aux gens qui font cette entreprise, soit les employés, les dirigeants, les clients, les membres? Si vous êtes un consommateur d’information sur les médias sociaux, quelle est votre préférence? Poser la question, c’est y répondre. En 2018, les entreprises qui voudront avoir un véritable impact sur les médias sociaux devront mettre de l’avant leurs meilleures ressource et miser sur l’authenticité.

En résumé, alors que l’année commence, et que la course folle de la création et de la production de contenu reprend de plus belle, arrêtez-vous. Posez-vous les bonnes questions pour rendre encore plus stratégiques et pertinentes vos activités sur les médias sociaux.

Prédiction #6- La résistance s’organise

Un groupe de résistants a fait son apparition marquée cette année : les médias dits traditionnels.

Cet automne, la conférence sur l’avenir des médias présentée par la Fondation pour le journalisme canadien a notamment rassemblé sur une même scène Michel Bissonnette (Radio-Canada), Guy Crevier (La Presse), Brian Myles (Le Devoir), Alexandre Taillefer (L’actualité), et Colette Brin (Centre d’études sur les médias).

Ensemble, ils ont évoqué l’importance de créer une alliance stratégique entre les grands groupes médiatiques canadiens, hier encore concurrents, pour contrer leur dépendance de plus en plus marquée envers les plateformes publicitaires étrangères. Guy Crevier a en effet révélé que 50 % du trafic sur les plateformes numériques de La Presse était généré à parts égales par Google et Facebook – avec les pertes de revenus publicitaires substantielles que cela entraîne inévitablement !

Alexandre Taillefer soutient pour sa part que les médias d’ici ont trouvé dans les plateformes publicitaires étrangères « un ennemi commun ».  Mais reste à formuler la riposte et comme dans toute chose, il n’existe pas de solutions miracles. On évoque des idées intéressantes, comme par exemple de créer des plateformes similaires à Facebook mais dans un contexte beaucoup plus près de nos réalités et préoccupations nationales. Ou encore un scénario où Radio-Canada délaisserait les revenus publicitaires, au profit des autres médias privés. Le diffuseur public national s’assurerait parallèlement de maintenir une structure de journalisme d’affaires publiques avec une forte capacité de couverture régionale, et dont les contenus pourraient être offerts à des partenaires média – sous une forme qui reste à définir, bien entendu.

Bref, pour nos médias traditionnels, l’inaction n’est plus une option et il faudra innover. C’est bien de survie dont il est question ici et cela nous ramène à l’essence même de la démocratie que d’avoir des médias en santé et un journalisme de qualité dont l’autonomie est préservée. Il est de notre responsabilité collective de contribuer à leur pérennité. Par ailleurs, aucune marque ne peut se priver de la crédibilité que peut apporter une couverture médiatique favorable !

En 2018, nous prédisons donc une plus grande conscientisation des achats publicitaires… et nous ne sommes peut-être pas si loin de voir apparaître le terme « achats publicitaires éthiques » !

Prédiction # 5 – IA rencontre RP

Le terme IA devrait se voir décerner le « mème » de l’année. Pas une journée sans qu’il ne fasse la une de nos médias. Il est vrai qu’avec des investissements record et les Google, Facebook et Microsoft comme joueurs, Montréal et Toronto sont en train de se tailler toute une réputation dans ce domaine, toutes les deux à leur manière.

Des développements récents de l’IA ont contribué à une hyperpersonnalisation des communications entre les marques et leurs auditoires. Tout cela se déroule à travers des technologies, entre autres l’apprentissage automatique, qui permettent d’assembler et présenter des messages appropriés selon une multitude de données analysées en temps réel. En combinant ces technologies qui accélèrent les processus analytiques à de fines stratégies de la part des spécialistes de la communication qui les opèrent, on obtient une formule gagnante. Les marques ont ainsi l’opportunité de répondre plus rapidement et avec beaucoup plus d’acuité aux besoins spécifiques et très variés de leurs clientèles et de leurs communautés.

En 2018, nous prédisons que les spécialistes de la communication marketing feront de plus en plus appel à l’AI afin de créer des relations personnalisées et durables pour leurs clients.

Prédiction #4 – L’analyse prédictive pratique

Alors que nous sommes à peine remis de l’analyse en temps réel, voilà que l’intelligence artificielle (IA) introduit de nouvelles capacités de prédire les comportements futurs. Plus précis que les outils utilisés pour la prévision météo, des algorithmes permettent déjà de bâtir des calendriers prédictifs et de déterminer les meilleurs moments de l’année, de la semaine ou de la journée pour envoyer des messages. Toujours à partir des données existantes, d’autres sont en mesure de prédire l’influence qu’aura une personnalité sur les personnes qui la suivent ou encore d’évaluer l’impact et la durée d’une nouvelle d’entreprise.

Imaginez les possibilités non seulement en communication marketing mais également en gestion de crise!

En 2018, nous prédisons que l’offre d’outils et de programmes d’analyse prédictive sera bonifiée et deviendra accessible aux entreprises et aux firmes de relations publiques.

En même temps, en 2018, nous prédisons que la fine expérience et le jugement des consultants en communication demeureront nécessaires pour bien évaluer à l’avance la portée des gestes de communication.

Prédiction #3 – L’invasion des chatbots

Les chatbots ou « agents conversationnels » sont devenus la partie la plus visible, voire intelligible de la présence de l’intelligence artificielle (IA) en 2017.

On retrouve de plus en plus ces programmes intégrés aux applications de messagerie, telles que Messenger. Ils peuvent simuler une conversation avec un ou plusieurs humains par échange vocal ou textuel. Le mot « simuler » est de mise car malgré la promesse, il y a encore fort à faire pour que tout cela n’atteigne le degré de sophistication attendu. Le remplacement du service à la clientèle des entreprises par ces « robots » n’arrivera pas demain.

Cela dit, les chatbots peuvent d’ores et déjà régler des tâches répétitives pour les entreprises (ex : recherches d’horaires, réponses à des questions fréquentes, etc.).

En 2018, nous prédisons que, dans un contexte où le nombre d’utilisateurs actifs des applications de messagerie surpasse désormais celui des réseaux sociaux, l’invasion de chatbots sera à nos portes.