Entrevue de Marie-Josée Gagnon avec Isarta

Isarta Infos publie une série d’entrevues réalisées avec des femmes travaillant dans le marketing et la communication au Québec. Voici une entrevue d’Aurore Le Bourdon avec Marie-Josée Gagnon, présidente et fondatrice de CASACOM.

Quel a été votre parcours avant de fonder CASACOM ?

À l’origine, je voulais être journaliste. J’ai fait des études en sciences politiques, et je travaillais à la pige pour des journaux pendant que je rédigeais mon mémoire. À 22 ans, je suis devenue l’attachée de presse de Jacques Parizeau : autant dire que ce fut une expérience incroyablement enrichissante, une formidable opportunité de découvrir la communication en étant 100% baignée dedans, si l’on peut dire ! Après 6 ans à exercer ce métier, j’ai occupé le poste de directrice de cabinet à la Délégation du Québec à Paris. J’y suis restée 2 ans, mais j’ai fini par rentrer au bercail : je savais que ma carrière et ma vie étaient ici, au Québec. En rentrant au Québec, j’ai effectué un remplacement d’un an à La Banque Laurentienne en tant que directrice des affaires publiques, ce qui m’a permis de découvrir une grande structure, mais aussi de réaliser que ce n’était pas ce que je voulais pour mon avenir professionnel. J’ai ensuite passé trois ans chez Axor, où j’étais vice-présidente des affaires corporatives. C’est dans cette firme que je me suis rapprochée de l’entrepreneuriat, parce qu’elle était dirigée par un entrepreneur, justement. Et puis j’ai eu un enfant, et là, ç’a été le déclic : il me fallait un emploi dans lequel je sois pleinement heureuse et accomplie. Je voulais que mon fils soit fier de moi et pour qu’il le soit, il fallait que je le sois moi aussi. Alors j’ai décidé de monter ma propre firme: j’avais besoin d’évoluer dans une structure solidaire, plus flexible. Et, depuis le 11 septembre 2001, date d’autant plus importante pour moi car c’est là que j’ai commencé à travailler pour CASACOM, je ne regrette pas mon choix.

Vous indiquez sur votre profil LinkedIn que votre vie ne se limite pas au travail : est-ce là, selon vous, la clé du bonheur ?

La clé, je pense, c’est d’avoir une vie personnelle et un métier pleinement satisfaisants. Bien sûr, parfois, l’un ou l’autre prend le dessus : par exemple quand, il y a un an, j’ai acheté une maison de campagne, ma vie personnelle a réellement pris une autre dimension. Et à l’inverse, lors du lancement de la campagne iögo, j’avais plus la tête au travail. Mais quoiqu’il arrive, j’essaie de compartimenter afin de pouvoir être totalement présente au travail comme à la maison. Si je travaille une ou deux heures le dimanche, je n’ouvre jamais aucun dossier le samedi – sauf en cas de crise. En RP, on doit toujours être éveillé professionnellement, c’est un métier très exigeant donc les moments de repos sont d’autant plus importants : ils me permettent de me régénérer pour être opérationnelle à 100%.

«La politique m’a permis d’acquérir une vision à 360 de n’importe quel problème »

Vos expériences sont variées : en quoi vous aident-elles aujourd’hui que vous êtes à la tête de votre propre agence ?

La politique m’a permis d’acquérir une vision à 360 degrés de n’importe quel problème, elle m’a donné comme des antennes. Grâce à cela, je suis apte à proposer des solutions globales à mes clients, et c’est ce qui compte pour eux, aujourd’hui. Ils sont de plus en plus exigeants concernant le retour sur leurs investissements, ils veulent le voir concrètement, et comprendre comment on va le leur montrer. Il y a de plus en plus de liens directs entre ce que nous faisons en cabinet et les ventes, car c’est ce qui parle aux clients, et c’est aussi satisfaisant pour nous.

Avez-vous ressenti des difficultés lors de votre carrière du fait que vous soyez une femme ?

Pas vraiment, d’ailleurs je pense que les irréductibles machos du travail ont presque tous disparu ! Mais tout de même, cela existe encore, de façon moins visible, plus sournoise peut-être. Il faut rester alerte.

«J’ai un rôle d’inspiration, qui implique que je sois à mon maximum, chaque jour»

Quelles qualités faut-il, selon vous, pour présider une agence de relations publiques ?

Il faut avoir le talent d’innover, de rallier et de convaincre d’une direction à prendre, c’est mon rôle le plus important. Au quotidien, la qualité qui me sert le plus est ma capacité à apporter au client une solution originale, créative et innovante à son problème. J’ai aussi un rôle d’inspiration: je dois toujours être au courant de ce qui se fait, des tendances. Donc je dois être à mon maximum, chaque jour, ce qui implique d’avoir une bonne hygiène de vie, bien dormir, faire attention à moi.

Si vous deviez résumer votre carrière en deux mots, quels seraient-ils ?

Travail et chance, car si je suis quelqu’un de très, très travaillant, je ne peux pas non plus faire abstraction de la chance et des opportunités qui se sont offertes à moi tout au long de mon parcours.

 

 

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