Prédiction #6- La résistance s’organise

Un groupe de résistants a fait son apparition marquée cette année : les médias dits traditionnels.

Cet automne, la conférence sur l’avenir des médias présentée par la Fondation pour le journalisme canadien a notamment rassemblé sur une même scène Michel Bissonnette (Radio-Canada), Guy Crevier (La Presse), Brian Myles (Le Devoir), Alexandre Taillefer (L’actualité), et Colette Brin (Centre d’études sur les médias).

Ensemble, ils ont évoqué l’importance de créer une alliance stratégique entre les grands groupes médiatiques canadiens, hier encore concurrents, pour contrer leur dépendance de plus en plus marquée envers les plateformes publicitaires étrangères. Guy Crevier a en effet révélé que 50 % du trafic sur les plateformes numériques de La Presse était généré à parts égales par Google et Facebook – avec les pertes de revenus publicitaires substantielles que cela entraîne inévitablement !

Alexandre Taillefer soutient pour sa part que les médias d’ici ont trouvé dans les plateformes publicitaires étrangères « un ennemi commun ».  Mais reste à formuler la riposte et comme dans toute chose, il n’existe pas de solutions miracles. On évoque des idées intéressantes, comme par exemple de créer des plateformes similaires à Facebook mais dans un contexte beaucoup plus près de nos réalités et préoccupations nationales. Ou encore un scénario où Radio-Canada délaisserait les revenus publicitaires, au profit des autres médias privés. Le diffuseur public national s’assurerait parallèlement de maintenir une structure de journalisme d’affaires publiques avec une forte capacité de couverture régionale, et dont les contenus pourraient être offerts à des partenaires média – sous une forme qui reste à définir, bien entendu.

Bref, pour nos médias traditionnels, l’inaction n’est plus une option et il faudra innover. C’est bien de survie dont il est question ici et cela nous ramène à l’essence même de la démocratie que d’avoir des médias en santé et un journalisme de qualité dont l’autonomie est préservée. Il est de notre responsabilité collective de contribuer à leur pérennité. Par ailleurs, aucune marque ne peut se priver de la crédibilité que peut apporter une couverture médiatique favorable !

En 2018, nous prédisons donc une plus grande conscientisation des achats publicitaires… et nous ne sommes peut-être pas si loin de voir apparaître le terme « achats publicitaires éthiques » !

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